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TU DOIS PARLER…



Il y a des siècles en arrière, une maman enseignait son fils en lui disant :

« Tu dois parler pour défendre ceux qui n’ont pas la parole et pour prendre le parti des laissés pour compte » (Proverbes 31.8). 

Ces derniers jours, un vent de révolte souffle partout à travers le monde depuis qu’un homme est mort à cause de sa couleur de peau aux États Unis d’Amérique. Je n’ai pas les mots pour dire ce que mon coeur voudrait crier. Tant de choses tourbillonnent dans ma tête et tant de réactions en chaîne voient le jour via les réseaux sociaux. 


Et cette question sous forme de défi « le chrétien face à l’injustice » prend toute sa dimension. Dans le contexte d’aujourd’hui, l’injustice est dûe à une couleur de peau. Dans d’autres lieux, c’est une question de religion. À d’autres époques, une question de tribus. Mais toujours un point commun :

« le coeur de l’homme est méchant et tortueux par-dessus tout » (Jérémie 17.9). 

Écrire ces mots dans cette actualité brise mon coeur, moi qui suis marié à une femme de la même couleur que ces victimes. Écrire ceci me conduit aux larmes et à un cri inaudible pour les hommes mais qui retentit jusque dans le Ciel, où là, je le crois, il trouve un écho. La Bible nous révèle un Dieu qui est l’Eternel notre justice, un Dieu venu libérer son peuple après ses cris face à l’injustice de l’esclavage, un Dieu qui devient homme pour devenir justice pour nous. 


Les Jaebets d’hier (1 Chroniques 4.9-10) sont devenus ceux avec la religion ou la couleur de peau ou l’origine qui ne convient pas. Comme le disait le pasteur Steven Furtick ce we, il devient difficile de tenir des conversations dans une génération qui vit au milieu des simples clics et commentaires. Mais l’appel de l’Eglise, mon appel, quel est-il ? Toujours le même, depuis des siècles : parler pour défendre ceux qui n’ont pas la parole, pour prendre le parti des laissés pour compte. 


Le covid-19 nous a rappelé à tous quelque chose de fondamental. Alors que le coronavirus touchait les personnes au-delà de l’argent, de la couleur de peau, du pays de naissance, de la religion, nous avons été ramenés au fait que nous sommes avant toutes choses des êtres humains. 


Alors, oui, aujourd’hui je veux, je dois parler pour eux. Comme l’apôtre Paul, je veux dire que « je n’ai pas honte de l’Evangile, c’est une puissance de Dieu… parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu » (Romains 1.16-17). Cette puissance qui nous amène à vivre avec comme réalité qu’il n’y a plus ni juif ni grec, ni homme ni femme, ni blanc ni noir. 

Impossible d’être chrétien et de se murer dans le silence ; ce serait entretenir les mensonges.

Non, l’amour ne se réjouit pas de l’injustice (1 Corinthiens 13). Non l’amour ne porte pas de couleur. L’amour se réjouit de la vérité. L’amour doit proclamer, incarner cette vérité. 


Je suis tellement conscient de ne pas comprendre tout ce que vous pouvez vivre ou ressentir, ni mesurer à sa juste mesure le poids de l’histoire dans vos racines mais je peux et veux vous dire que je prie pour vous, que je prie pour la consolation de ces (trop) nombreuses familles brisées, que je crie contre l’injustice, que je continuerai de vous dire que c’est Dieu qui vous a créés, qu’Il vous voit comme un trésor, qu’Il vous aime et qu’Il a un plan merveilleux pour votre vie.


Je veux vous dire tout simplement que je vous aime : Laëtitia, Jessie, Michel, Nathanäel, Fabrice, Prisca, Jeff, Sem, Phinées, Bony, JM, Fabiola, Raven, Dorick, Jameson, Christine, Saphy, Mike, Armide, Élise, Elie, Anselme, Marie Laure, Adrien, Fred, Anne So, Leslie, Abdoulaye, Moussa, Glody, Béthanie, Emmanuel, Ruth, Emma, Samuel, Djibril, Pascal, Elodie, Hespoir, David, Jean, Greg, Helmut, Mariele, Yves, Benjamin, Oradie et tous les autres…


#lamourcestpasunecouleur #lamourcest #jenaipashonte #blacklivesmatter



© 2018 by Matthieu Perraud